vérité et invention:
Entre
L’art de la mémoire
« Mon travail tente de sauver le passé de l'effacement, en reconstituant la mémoire là où l'histoire a été réduite au silence.
En l'absence de documents, je négocie avec des vérités changeantes, peignant dans l'espace entre les faits, les sentiments et la continuité imaginée ».
Travaux en vedette
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Isolation (Part I)
Créée lors d'une résidence de trois semaines à la galerie VAV à Montréal en 2025, Beneath the Surface transforme une photographie de ma mère prise dans les années 1970 au bord de la piscine déserte d'un motel en une exploration du malaise qui peut régner dans un environnement familier. Cette peinture fait partie de ma série Isolation, qui explore les états psychologiques tranquilles qui émergent dans les espaces domestiques et intermédiaires. Influencée par des artistes tels qu'Edward Hopper et Sergei Parajanov, j'utilise des images d'archives et la mémoire pour révéler comment des moments calmes et quotidiens peuvent receler des tensions, des désirs et le poids de ce qui reste inexprimé.
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Entre hier et aujourdh'ui
Cette peinture, inspirée d’une photo de mes parents dans les années 1970, explore mémoire, identité et déracinement. En réinterprétant des images familiales, je modifie couleurs, composition et objets pour révéler des vérités émotionnelles. Des détails intimes—comme les cigarettes de ma mère—deviennent des symboles de présence et de perte. Arménienne de la diaspora, je pleure une terre inconnue et transmets la culture par la mémoire. Maintenant que mes parents sont partis, ces peintures deviennent des archives vivantes.
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Le barbier d'Alexandrie
Une enfant regarde dans un salon de coiffure des années 1960 à Alexandrie, en Égypte—mais elle n’y est jamais allée. Cette peinture à l’huile explore l’identité diasporique arménienne, les traumatismes intergénérationnels et la nostalgie. Inspirée d’une photo du salon de mon grand-père, je m’y insère comme enfant. Les couleurs sont irréelles, mêlant souvenirs et invention. L’œuvre transforme le deuil en résilience et invite à réfléchir à la mémoire imaginée comme lien avec ce qui est perdu.
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Anahid Déesse de la fertilité
La fertilité n’est pas douce—elle est violente, brute, et baignée de sang. Anahid est la première d’une série réinventant les déesses arméniennes préchrétiennes. Cette peinture explore la tension entre création sacrée et destruction corporelle. La déesse tient un soleil fondu ; ses cheveux nourrissent les terres sacrées d’Ararat. Une grenade éclatée symbolise la vie et la mort. Entre mythe, mémoire et symbole, l’œuvre questionne la féminité, le pouvoir et ce que signifie enfanter dans la violence.
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Spandaramet
Spandaramet, déesse arménienne de la mort et de la mémoire, émerge dans une aquarelle troublante. Cette œuvre fait partie d’une série consacrée aux déesses préchrétiennes d’Arménie, revisitées par l’art contemporain à grande échelle. Enveloppée d’ombre et de symboles, Spandaramet incarne le lien entre vie et mort, perte et héritage. Elle est la mémoire faite chair—présence ancestrale veillant sur le passé. Par le mythe et l’aquarelle, la peinture célèbre une lignée culturelle et la mort comme transformation.
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Alexandrie, Égypte, (il était une fois)
Des couleurs vives se fondent dans une scène onirique où les visages flous éveillent souvenirs et mystère. Inspirée d'une photo de mon grand-père avec ses enfants—dont ma mère—cette peinture explore l’entre-deux de la mémoire et de l’imaginaire. Amplifiée par le réalisme magique, elle capte l’essence émotionnelle d’un instant éphémère. Même sans netteté, le moment résonne. Cette œuvre montre comment les photos de famille peuvent transmettre un héritage profond, malgré le flou du temps.
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Sans Titre (Témoignage)
Inspirée du livre Remnants d’Elyse Semerdjian, cette peinture revisite l’art sacré à travers un regard féministe. Comme les tableaux bibliques d’églises, elle adopte une composition classique et un ton solennel—mais recentre le sacré sur la mémoire genrée et les blessures. Plutôt que des saints et miracles, elle montre des femmes réduites au silence, témoins et survivantes. L’œuvre rend hommage aux histoires oubliées des femmes arméniennes tout en remettant en question les récits patriarcaux religieux et artistiques.
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Ancré dans le temps
Deux frères sont assis dans un espace diasporique familier. Le tapis richement orné sous eux n’est pas qu’un décor—il relie à une terre d’origine lointaine. La scène semble intemporelle, mais le masque jetable dans la main d’un frère ancre l’image dans l’ère pandémique. La peinture montre comment la culture, même déplacée, reste résiliente. Face à l’incertitude, le tapis—comme l’identité qu’il symbolise—offre un ancrage à travers les générations et les bouleversements mondiaux.
Marie Khediguian est une artiste arménienne établie à Montréal dont le travail explore la mémoire, le déplacement et la résilience des histoires héritées. Architecte de formation, titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en architecture, elle poursuit actuellement un deuxième baccalauréat en beaux-arts, axé sur la peinture et le dessin. Mère de deux enfants, Marie réimagine des photographies de famille et des récits ancestraux perdus dans le temps.
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